Ispoure 2003


Mémoire du Séminaire International : « Agriculture de montagne et Mondialisation » – Ispoure, Pyrénées – France – 2 et 3 septembre 2003

Séminaire International sur le thème « Agriculture de montagne et mondialisation (compte-rendu)

1ère réunion du bureau plénier de l’APMM
1 – 5 septembre 2003, Ispoure, France

Le Président accueille les délégations présentes : d’Afrique (Cameroun), d’Amérique Latine (Bolivie, Colombie, Pérou), d’Asie (Inde, Japon, Kirghizstan, Népal), d’Europe (Espagne, France, Italie, Suisse) et salue les représentants d’Afrique (Maroc, Kenya), d’Amérique Latine (Brésil, Equateur), d’Asie (Chine, Ouzbékistan) d’Europe (Géorgie, Roumanie, Pologne) inscrits mais empêchés par des difficultés de dernière minute, notamment financières.

La tenue du 1er bureau international de l’association dans la petite commune de montagne d’Ispoure, au cœur du Pays Basque revêt, une dimension symbolique forte. Elle affirme la volonté d’hommes et de femmes de se rencontrer pour que l’organisation du monde par les seuls capitaux ne soit plus une fatalité.

Le Président remercie tous ceux qui ont rendu possible cette aventure – notamment les Présidents successifs de l’ANEM, de l’AEM et de l’UNCEM – et procède à un tour de table continent par continent sur les suites de Quito. Les processus lancés en Asie et Amérique Latine voient la constitution progressive d’APMM nationales ou régionales.

Le Président procède ensuite à la désignation des membres du bureau, sur proposition des délégations présentes. Un délai maximum supplémentaire de 2 mois est accordé pour confirmer ces désignations, conformément aux mécanismes de concertation mis en place entre les membres de certaines délégations.

Bureau plénier APMM
Sa composition est approuvée à l’unanimité. En conformité avec les statuts, il est constitué de 30 membres titulaires et 30 membres suppléants, répartis en trois collèges :

  1. Collectivités administratives (ou gouvernements locaux) et communautés de montagne (50 %, soit 15 sièges)
  2. Représentants des organisations et associations oeuvrant en montagne (35 %, soit 10 sièges)
  3. Les adhérents directs, dont les chercheurs (15 %, soit 5 sièges)

Le Bureau comprend également des personnalités qualifiées choisies en raison de leur compétence et de leur engagement, des délégués des organisations fondatrices. Sont invités à participer aux réunions les représentants des organisations associées ainsi que des observateurs.

Bureau exécutif
Pour répondre aux besoins de renforcement de la fonction présidentielle dans cette phase active de construction et de structuration de l’Association, outre les 5 Vice-Présidents territoriaux représentant les 4 continents où l’association est présente (1 pour l’Europe, 2 pour l’Asie, 1 pour l’Afrique, 1 pour l’Amérique Latine), il est procédé à la désignation d’un vice-président extra-territorial et de 6 Vice-Présidents thématiques dont la proximité permet la prise en charge de missions en soutien au Président. Comme le prévoient les statuts ce bureau « restreint » agit par délégation de pouvoir pour le suivi rapproché des actions de l’association. Il est composé comme suit :

Président
Jean LASSALLE (France)

5 Vice-présidents territoriaux

  • Afrique : Hanta RABETALIANA (Afrique – Madagascar)
  • Amérique : José CERRUTO (Amérique latine – Bolivie)
  • Asie : Shrikrishna UPADHYAY (Himalaya – Népal)
  • Asie – Pacifique – Océanie (à désigner )
  • Europe : Valerio PRIGNACHI (Italie)

1 Vice-président extra-territorial

  • Organisations internationales : Jorge LEON (Equateur)

6 Vice-Présidents thématiques (investis de missions spécifiques)

  • Institutions européennes : François MAÏTIA (France)
  • Coopération internationale : Jean BOURLIAUD (France)
  • ONG: Gabrielle NANCHEN (Suisse)
  • Structuration APMM : Louis ALTHAPÉ (France)
  • Fondation « Montagnes du Monde » : Jean DIGONNET (France)
  • Recherche : Denis BLAMONT (France)

Secrétaire Général : Pierre RÉMY (France)
Trésorier : A désigner

Réuni à Ispoure, dans les Pyrénées françaises, à l’issue de 5 jours de débat, le Bureau nouvellement constitué de l’APMM a adopté le vendredi 5 septembre 2003 : la Charte, les statuts, les principes de financement et le programme de travail de l’APMM, conformément au mandat reçu de l’Assemblée Générale de Quito (Equateur) du 20 septembre 2002.

En conséquence de quoi, le bureau a adopté les décisions ci-après :

Statuts

Sous réserve de leur approbation définitive par la prochaine assemblée générale, les statuts de l’APMM datant du 27 juillet 2001 ont été modifiés par le Bureau Plénier, conformément au mandat confié par l’Assemblée Générale de Quito du 20 septembre 2002.

PDFLe texte révisé des statuts de l’association intègre les propositions issues du débat relatives à la composition des différents collèges, à la représentativité des représentants désignés, à l’autonomie d’action des APMM régionales et à la désignation de vice-présidents thématiques.

Principes et modalités de financement

L’Assemblée Générale de Quito avait arrêté le principe d’une participation de l’ensemble des adhérents en fonction de leurs moyens pour marquer leur engagement, pour conférer une plus grande légitimité à l’association, et pour assurer son indépendance.

En conséquence le Bureau a adopté à l’unanimité (moins une abstention) les cinq principes suivants :

  1. La contribution de base est celle des membres eux-mêmes. En adoptant la charte les populations de montagne déclarent vouloir « maîtriser leur propre destin » et décident de se prendre en charge.
  2. Pour les individus la base de calcul – simple et universelle – est le revenu moyen d’une journée. Un effort supplémentaire sera demandé aux collectivités européennes, tandis qu’ailleurs chaque pays fixera lui-même le niveau de la contribution qu’il percevra.
  3. L’établissement de partenariats avec les entreprises basés sur la confiance sera recherché.
  4. Une « Fondation des montagnes du monde » sera mise en place à la faveur de la nouvelle « loi sur le mécénat, les associations et les fondations » qui encourage le don aux associations par exonération fiscale et simplifie les formalités de constitution.
  5. Les adhésions aux APMM locales et régionales seront gérées localement.

En application de ces principes, les taux de cotisationsPDF concernant l’Europe ont été adoptés.

Charte des populations des montagnes du monde

Après un débat de plusieurs semaines après sa diffusion, le texte amendé est adopté à l’unanimité. La Charte des populations des montagnes du mondePDFengage chacun des signataires auxquels elle permet d’exprimer leur volonté de travailler ensemble et de promouvoir une certaine idée de la montagne et de son avenir. C’est un document déclaratif et identitaire mais tourné vers l’action et qui reste donc évolutif. Il est demandé à chacun de veiller à la bonne traduction dans sa langue du texte adopté.

Programme d’action 2003 – 2004

Deux niveaux et deux types d’actions caractérisent l’action de l’APMM

  • L’action politique conduite au niveau global qui va de la production à la promotion des concepts visant à sensibiliser l’opinion publique et les décideurs internationaux aux problématiques des populations de montagne
  • L’action concrète sur le terrain autour de projets locaux de développement élaborés et mis en œuvre par les montagnards eux-mêmes, qui se constituent en experts les uns pour les autres.

Ces deux niveaux d’intervention étant étroitement imbriqués, l’APMM doit encourager la création – partout où cela s’avère nécessaire – de plate formes décentralisées d’échanges et de rencontres pour permettre aux populations de montagne d’accéder au débat politique, de défendre leurs intérêts spécifiques dans les contextes institutionnels nationaux et internationaux, ainsi que pour favoriser l’émergence ascendante de projets par référence à la charte.

Pour l’efficacité de son action politique, il lui faut trouver le meilleur niveau d’intervention, et les endroits et processus les plus stratégiques où s’investir compte-tenu des ressources limitées de la structure fédérative. Dans cette perspective, le bureau s’est fixé les cinq priorités suivantes :

  1. Aider à la constitution des APMM locales et régionales. Le regroupement des personnes qui travaillent ou pourraient travailler ensemble est la première priorité de l’association qui a vocation à agir mondialement. Les processus de développement et de renforcement de ce réseau se feront selon un calendrier et des modalités propres à chaque région.
  2. Aider à la constitution de centres de ressources et d’échanges. Les personnes ressources sont les montagnards eux-mêmes, qui sont des experts pour les autres montagnards. C’est donc localement que ces centres doivent se constituer avec le soutien de l’APMM dont le rôle est de les mettre en relation.
  3. Organiser au plan régional des rencontres à objectifs multiples. Ces forums ouverts au dialogue devraient permettre de porter à la connaissance des administrations et des gouvernements les souhaits, les revendications, les besoins, l’expertise des populations. Le rôle de l’APMM est de mettre en réseau l’ensemble de ces initiatives et de leur apporter un soutien sous des formes à déterminer.
  4. Intensifier l’action et affirmer la présence internationales de l’APMM à travers ses APMM locales et régionales, partout où sont prises des décisions qui peuvent avoir des conséquences importantes sur la vie des populations de montagne, tant sur le plan mondial (OMC, ONU…) que régional (ALCA, etc.). Assurer sa présence au sein des conventions internationales qui se mettent en place ou qui se préparent et au sein desquelles les représentants des populations doivent se faire entendre. Participer au partenariat international sur le développement durable des montagnes mis en œuvre dans toutes les régions de montagne du monde, en y jouant un rôle de liaison, d’information sur les décisions qui se préparent, sur les orientations de ce partenariat, et sur les opportunités d’alliance avec d’autres partenaires.
  5. Prendre l’initiative de réfléchir à ce que peut être un label international pour la montagne. L’APMM y voit là un moyen privilégié de confronter les situations dans lesquelles se trouvent les populations des territoires de montagne, et d’aborder de façon horizontale l’ensemble des problèmes.

Le Bureau confie au Secrétariat Général – en relation avec le bureau exécutif – le soin de mettre en œuvre ce plan d’action et d’en proposer le calendrier d’exécution.

Le séminaire international d’Ispoure
2 et 3 septembre 2003

Téléchargez le mémoire du séminaire international d’Ispoure des 2 et 3 septembre 2003 sur le thème : Agriculture de montagne et mondialisationPDF

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