Chambery 2000


Forum Mondial de la montagne
5 au 9 juin 2000, Chambéry, France

800 représentants de 70 pays de montagne se sont réunis à Paris et à Chambéry du 5 au 9 juin 2000, marquant l’émergence d’une conscience montagnarde universelle. Cette manifestation a donné l’occasion d’un rapprochement jamais réalisé à cette échelle des grandes régions montagneuses du monde et des populations qui y habitent. Elle a permis aux uns et aux autres de mieux de se connaître et de dégager une volonté commune de travailler ensemble en bâtissant un mouvement qui permettra à cette dynamique de rapprochements et d’échanges de se renforcer et de se fortifier au fur et à mesure qu’elle prendra sa véritable dimension.

Ce mouvement dans son essence devra être foncièrement pluraliste et intégrer les spécificités et particularités de toutes ces régions, les respecter et faire de cette diversité des cultures ainsi rassemblées une richesse exceptionnelle.

La force de mouvement résultera de la complémentarité de ces différentes composantes et notamment de leur culture et de leur état de développement différents, afin de créer un véritable lieu de solidarité entre les montagnes du monde. Cette solidarité s’exprimera notamment au travers d’actions de coopération décentralisées, dont ce mouvement aura vocation à faciliter l’expression.

Construit à partir des représentants des populations de montagne, ce mouvement devra s’associer l’ensemble des forces vives qui agissent à un titre ou à un autre pour la montagne ou dans le champ de ses problématiques : communauté scientifique qui a déjà beaucoup fait pour que puisse être mieux connue et prise en compte la montagne, notamment dans les institutions internationales et dans les déclarations qui ont accompagné leur action ainsi que les organisations non gouvernementales qui interviennent dans le domaine de la montagne. Les représentants des régions de montagne réunis au sein du Forum remarquent déjà qu’au-delà de l’action des organisateurs, ce forum n’a été rendu possible que grâce à la coopération étroite qui s’est établie entre eux-mêmes et les mouvements qui viennent d’être cités, ainsi que par le concours de nombreuses autres institutions, internationales ou nationales, et notamment les gouvernements, ce qui constitue le signe de l’intérêt qu’il a suscité non seulement dans une grande partie du monde, mais aussi auprès de ceux qui jouent un rôle important dans le développement et la coopération.

Ce mouvement tel qu’il est ainsi dessiné, devra affirmer son autonomie à l’égard des autorités politiques, nationales ou internationales ou de toute autre mouvement de nature politique, mais aussi sa volonté de dialoguer avec eux et de conduire des actions de partenariat au service de la cause de la montagne.

Les représentants réunis au sein du Forum ont affirmé leur volonté de ne pas faire de la montagne un monde clos et fermé sur lui-même qui ne se préoccuperait que de ses propres problèmes. Ils estiment au contraire que le travail qui a été engagé présente, à bien des titres, une valeur universelle et peut constituer un exemple d’approche des problèmes pour bien d’autres territoires. Ils veulent, en tout état de cause, faire de la montagne, un espace ouvert, tant sur le plan physique qu’intellectuel, à tous les échanges, coopérations, et collaborations.

Les représentants des pays de montagne réunis au Forum ont été informés des conditions de la prochaine Année internationale des montagnes.

Ils rendent hommage au travail remarquable effectué par la FAO en application des décisions des Nations Unies de déclarer 2002 année internationale des montagnes sur proposition de la République kirghize, qu’ils remercient de cette initiative.

Ils demandent aux gouvernements de s’engager pleinement dans la réalisation de cette année internationale et de dépasser le stade des manifestations sympathiques et de sensibilisation, mais qui restent largement sans lendemain et au contraire de profiter de cette année pour mettre en œuvre ou renforcer les actions au profit de ces territoires. L’année internationale marquera dans la mesure où il restera des dispositions concrètes d’ordre politique, juridique et financier.

La définition de ces actions devra se faire en étroite concertation avec les représentants des régions de montagne qu’ils soient politiques, associatifs ou professionnels afin de bénéficier à la fois de leur avis et de leur engagement qui est la condition fondamentale de la réussite de ce type » d’opération.

Chaque nation doit disposer, selon ses structures et selon sa culture, de toute liberté d’action quant à la mise en œuvre des actions qui seront menées et éviter de se situer dans un moule commun qui ne correspondrait pas aux positionnements de la montagne dans la société et dans la nation.

Il appartient notamment à chacun de ces pays de définir dans les conditions qui ont été exposées ci-dessus les modes d’intervention et les manifestations qui auront lieu et qui devront intéresser l’ensemble des composantes de la montagne et non pas être focalisées sur quelques aspects d’entre elles. C’est dans cette mesure que l’année internationale prendra toute sa signification.

Cette rencontre des populations des montagnes du monde qui s’est tenue pour la première fois en Europe a vocation à gagner les autres continents où elle devra être organisée majoritairement par les représentants des pays qui l’accueillent avec la même volonté d’universalité. Ainsi elles décident de se retrouver en 2002 à Quito, en Equateur, pour faire entendre la voix des populations de montagne dans le cadre de l’année internationale de la montagne et débattre des moyens d’action qu’elles souhaitent mettre en œuvre.

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